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« You live, you learn »

  • Photo du rédacteur: Feriel
    Feriel
  • il y a 6 heures
  • 4 min de lecture

« You live, you learn », chanson de Alanis Morisette qui est passé pendant notre atelier des 108 Salutations au Soleil - 108SS (dimanche dernier). Ce titre de chanson fait référence à l’école de la vie, à la vie qui nous enseigne,  chaque expérience étant un apprentissage. Ainsi j’aimerai vous partager quelques un des apprentissages que j’ai pu vivre lors de cet atelier.

Avant cela, un peu de contexte. Dans la nuit de jeudi à vendredi j’ai souffert de vertiges. Des vertiges de position qui ne m’ont pas quitté du week-end, j’ai cru devoir annuler les 108SS, mais cela m’embêtait profondément. En effet, cela faisait 5 semaines que le groupe se préparait à l’évènement, et sûrement des mois que l’on en parlait avec toutes les questions, appréhensions, doutes, excitations, etc. que ce challenge yogique amène. Je ne voulais couper le groupe dans son élan si proche du but. Alors j’ai attendu de voir l’évolution de mon état jusqu’au dernier moment et il s’avère que j’étais relativement à l’aise debout, c’est la position allongée qui m’etait difficile. Dimanche matin en me levant, la douche, me laver les cheveux et pouvoir les sécher deviennent mes tests - si j’y arrive je peux aller jusqu’au studio et leur ouvrir la porte. J’avais tiré un trait sur ma propre pratique, je voulais simplement pouvoir permettre au groupe de pratiquer.

Alors me voilà ouvrant la porte du studio et expliquant aux élèves ce qu’il m’arrive. Elles sont touchées de mon engagement envers leur pratique et je leur dis que je vais les lancer en guidant les premières par la voix, mais que je ne pratiquerai pas. Dès que je me mets à les guider, mon corps et mon esprit s’alignent, je me sens enfin ancrée dans mon corps et les voir en mouvement me donne l’envie de les suivre, ainsi lorsque je finis la guidance des 9 premières SS communes, je me mets sur mon tapis et je me dis : essaie, peut être que le mouvement va te libérer. Et me voilà partie pour une première SS d’escargot avec pour seul but : observer les réactions de mon corps dans le mouvement. Mon but n’était pas les SS et encore moins les 108, mais simplement bouger au rythme de mon corps.

Me voilà partie sur le tapis et expérimenter de plus en plus de mouvements sans aucun vertige et ce pendant 1h30 de pratique, je n’en revenais pas. Voir mes élèves bouger était une telle source de motivation que j’ai pu pratiquer si longtemps (merci à elles toutes, sans qui je n’aurai même pas essayé). Je me rends compte dans le mouvement que j’ai un blocage au niveau de la nuque  (chose qui m’a été confirmé par l’ostheo lors de ma consultation le lendemain), mais en dehors de cela je suis dans un plénitude du mouvement, j’avance tel un escargot, prends plusieurs respirations par mouvement et me sens dans une forme de légèreté d’esprit.

En effet au cours de mes SS, je me rends compte que c’est la première fois (après 10 années consécutives à le faire) que je n’ai pas de but. En effet, je ne souhaite aucunement atteindre 108, et je suis déjà à plusieurs dizaines de SS lorsque « you live, you learn » passe dans la playlist, alors que je ne pensais pas en faire 1 seule. Ce détachement du but est libérateur, mes SS sont différentes, mais surtout je me rends compte que la pratique était inconsciemment dictée par cette « finish line », qui même si elle n’était pas un but en soi, devenait un repère. Le fait de plus avoir de repère de pratique autre que mon corps fut une expérience que j’aimerai pouvoir vous transmettre - peut être qu’il n’y aura plus de « 108SS » mais juste des « SS » … je ne sais pas. Cependant, je reste convaincue que c’est la condition de mon corps qui m’a permis de vivre ce réel lâcher-prise et qu’il serait probablement difficile à revivre - chaque expérience étant un apprentissage unique.

Après 1h30 de pratique, je m’assoie sur mon tapis et j’observe les autres dans leur pratiques qui continuaient. Je suis remplie d’émotions, comme à chaque fois, de voir la détermination et l’émerveillement sur leur visage.

Je suis également touchée de voir chacun de ces visages qui me sont si familier et pour qui je voulais vraiment sortir du lit malgré ma condition - je me dis que j’ai eu raison de le faire.  J’étais si à l’aise et en confiance dans ce groupe que cela en a transcendé ma peur de recréer des vertiges. D’ailleurs, l’une d’entre elle l’a confirmé en fin de séance en disant à quel point la confiance régnait entre les participants et qu’il n’y avait aucun jugement, juste de l’entre-aide et du soutien. Et c’est bien cela qui nous marque chaque année - la force du groupe.  Alors restons soudés, unis et sans jugement face aux difficultés de l’autre dans la vie comme sur les tapis lors de nos épreuves individuelles et pourtant communes. Dans la vie les épreuves sont également individuelles mais aussi communes dans le sens où nous vivons tous des hauts et des bas, certes différents, mais nous passons tous par ces apprentissages de la vie.

Je n’encourage personne à pratiquer le yoga en cas de vertiges ou toute autre condition anormale. Il est important de consulter un praticien de santé en amont ! L’écoute de son corps doit toujours primer sur l’écoute du mental et ce discernement n’est pas toujours facile à développer alors la prudence doit prévaloir 🙏.

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